Le Défi Raid des 7 Majeurs suscite de plus en plus d’intérêt auprès des adeptes de chevauchées montagnardes au long cours. Après l’Italie, la Belgique, l’Allemagne et la Suisse, le Canada apparaît désormais dans la liste des pays représentés avec John JEAN.

Confrérie des 7 Majeurs (C7M) : John, tu as décidé de te lancer à l’assaut des 7 Majeurs, peux-tu te présenter en quelques lignes afin que l’on fasse plus ample connaissance avec toi ?

John JEAN (JJ) : Je m’appelle John, j’ai 31 ans, et je vis à Montreal au Canada. J’ai couru de nombreuses années en FFC et depuis 10 ans maintenant, je vais chaque année dans les Alpes Françaises passer cinq à six semaines dans les cols de l’Oisans (Ornon, Glandon, Croix de fer, Vaujany, Oz, Huez, Lautaret, Galibier, Grand Serre, etc…). J’y ai mes temps de référence que je tente d’améliorer d’année en année. Même si je ne fais plus de compétition sérieuse à proprement parler, j’ai toujours l’âme d’un compétiteur: je suis maintenant mon propre adversaire !

C7M : Qu’est-ce qui t’as amené à vouloir relever le défi cyclomontagnard des 7 Majeurs ?

JJ : Ce sont essentiellement deux choses. Tout d’abord, comme je l’expliquais précédemment, je vais chaque année depuis dix ans dans les Alpes Françaises passer cinq à six semaines dans les cols de l’Oisans essentiellement tenter de battre mes temps de référence. C’est un effort plus axé sur l’intensité que l’on peut dégager dans un col que sur l’endurance. L’an dernier j’ai découvert le « long » à travers à un challenge Strava où j’ai fini 74ème sur 94’718 participants (https://www.strava.com/challenges/giro-climbing-challenge). Le but du jeu était de cumuler le D+ plutôt que de faire des temps; je me suis prêté un peu au jeu et au final j’ai découvert une autre dimension du cyclisme. Là où j’avais toujours été compétitif sur la durée d’ascension, j’ai découvert qu’on pouvait passer du temps dans les cols à observer la nature et prendre une autre forme de plaisir à cumuler les dénivelés tout en restant dans un état d’esprit compétitif. C’est une autre forme de challenge au moins aussi intéressante que la première.

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Par ailleurs, je suis devenu ami avec un collègue du travail qui est passionné par les road trips « extrêmes ». Du genre BRM longue distance cycliste, traversée de l’Europe en vélo, etc. Il m’a donc en toute logique parlé du raid des 7 majeurs, et après une discussion de 17 millisecondes, on a décidé de s’inscrire. Ce sera à la fois un moyen de voir du paysage en découvrant des cols que je n’ai jamais fait mais aussi d’inscrire ce parcours dans mon programme d’entrainement « global ».

C7M : Que t’inspire la difficulté du parcours par rapport à ce que tu déjà eu l’occasion de faire ?

JJ : Avec une contrainte horaire de 24 heures, jamais. Et pour être parfaitement franc, je trouve ça vraiment terrible comme challenge de ne se donner que 24 heures pour parcourir 360km avec 12’000 mètres de D+. C’est usuellement ce que je ferais en deux/trois jours avec une moyenne de 4/6’000 par jour. Je n’ai jamais non plus fait de route en nocturne dans les montagnes à la lampe frontale. Ca doit ajouter une partie de folklore vraiment amusante 🙂

C7M : Connais-tu déjà les 7 cols au programme ? Peux-tu nous dire quelques mots pour chacun ?

JJ : Malheureusement pas ! Je connais vraiment bien les cols de l’Oisans « large » (Ornon, Glandon, Croix de fer, Vaujany, Oz, Huez, Lautaret, Galibier, Grand Serre, …) mais je n’ai jamais grimpé les cols franco-italiens de Vars, Izoard, Agnel, Sampeyre, Fauniera, la Lombarde et la Bonette. Ca rajoute une part d’inconnu intéressante au challenge, et surtout ça me permettra de voir d’autres paysages. J’ai toujours été très axé sur une partie des Alpes et sur le Ventoux, ça va être agréable de découvrir une partie plus basse des Alpes. Après ça, il me restera aussi les Pyrénées à découvrir 🙂

C7M : As-tu fixé la date à laquelle tu envisages de tenter cette aventure ? D’où prévois-tu de partir et dans quel sens effectueras-tu le parcours ?

JJ : Nous pensons le faire deux fois en Juin: une phase de découverte le week-end du 10 Juin en 48 heures, et une seconde fois le week-end du 19 ou du 25, et cette fois essayer de passer en 24 heures. Toutefois, si on se prend une piquette un peu sévère sur le premier week-end, c’est possible que l’on reste sur celle-ci. On est cette année un peu moins entrainés que les autres années (plus tôt dans la saison et vie pro/perso un peu mouvementée en 2016). Sur le parcours, on compte partir de Briançon et faire dans le sens des aiguilles d’une montre et démarrer par l’Izoard pour se mettre en appétit.

C7M : Vises-tu le titre de Grand Maître (parcours à réaliser dans un délai de 24 heures) ?

JJ : Pas en première intention. On compte le faire deux fois, sur deux week-end. Pour le premier, on vise 48 heures en mode « découverte ». Partir de Briançon et faire 200 km le premier jour et s’enchainer cinq cols sur la journée (Izoard, Agnel, Sampeyre, Fauniera, Lombarde), faire une courte nuit vers Isola, et terminer les 160 kilomètres le lendemain et les deux cols restants. Mais rien qu’en l’écrivant je me rends compte qu’en 48 heures, c’est déjà une belle épreuve. Si tout se passe bien sur le premier week-end, alors on tentera en 24 heures si les jambes répondent bien.

C7M : Au niveau équipement, que prévois-tu notamment en termes de braquets ?

unnamed (3)JJ : Au niveau équipement, sur les conseils de mon pote j’ai acheté un Rear Pack de chez Apidura en version étanche pour transporter le matos. Au niveau nutrition, je suis un utilisateur de longue date de la gamme Overstims; je la trouve particulièrement digeste et efficace (au niveau isotonique mais aussi en récupération). En mode 48 heures, il n’y aura pas besoin de beaucoup plus: un sac, de la nutrition, une CB, du liquide, de la crème solaire et un polaire/kway pour les descentes, du matos technique (chambres, pompe, téléphone, etc). En mode 24h, on ajoutera surement les frontales, couverture de survie & co. Au niveau développement j’ai un semi-compact 52×36, et je monte à 28 dents à l’arrière. Je suis encore dubitatif sur le fait de garder ce développement. J’ai peur de tirer trop gros en cas de réel coup de pompe, je pense que je mettrais un 29/30 à l’arrière, mais je ne sais pas si Dura Ace propose ce format. Passer en 34 à l’avant m’attire assez peu, je préfère jouer sur la cassette. De toute façon, ça va être un peu la découverte sur tous les plans: il vaut mieux pouvoir passer « souple » surtout sur un effort long, tu peux pas emmener des Watts constant sur 24 heures.

C7M : As-tu quelques choses à ajouter, une remarque à formuler ?

JJ : Je voudrai surtout souhaiter bonne chance à tous les furieux qui s’inscriront à ce challenge et qu’ils profitent bien des paysages fantastiques qu’ont à nous proposer la France et l’Italie. On sous estime souvent la richesse des paysages Européen au profit des destinations dites « paradisiaques », mais la France et l’Italie regorgent de pépites et de trésors. Je voudrais également féliciter le créateur du projet pour son idée de parcours, la présentation limpide du site et des inscrits, mais surtout souligner le fait qu’il reverse une partie des montants d’inscription à l’association Européenne contre les leucodystrophies, c’est vraiment très élégant de sa part. Bonne route à tous !