Auteur : Patrick GILLES

La boucle des conquérants

Mercredi 03 JUILLET, 18H17, instant où je me presse pour reprendre le crayon, en revenant de la montagne, après quelques mois de disette, afin de vous compter une nouvelle aventure, celle de 2 amis, Will et Etienne, qui ont décidé de remettre le couvercle, en ce début d’été !

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Le défi de Thierry

Thierry Guillemot a 55 ans. Victime d’un accident en 1985 il a été amputé d’une jambe. Malgré son handicap, cet ancien coursier a continué à roulotter jusqu’en 2013, année à partir de laquelle le vélo va redevenir une activité beaucoup plus régulière.

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Les 3 frères québécois à la conquête des 7 Majeurs

Michel, André et Sylvain sont 3 frères. Anciens coureurs ayant eu les honneurs de la sélection en équipe du Canada, ils se sont lancés en août 2018 à la conquête des 7 majeurs, entraînés dans cette « folie » par Michel, l’aîné de la fratrie.

Ils s’étaient fixés comme objectif de boucler le parcours en 48 heures. Ils mettront finalement une dizaine d’heures de plus que prévu mais qu’importe, ils sont repartis au Québec avec les souvenirs uniques d’une aventure exceptionnelle partagée en famille. Pour Michel, le parcours est incroyable autant par sa difficulté que par sa beauté.

Partis de Jausiers où ils avaient établi leur camp de base à l’hôtel Sans Souci (faut-il y voir un signe ?) ils ont effectué le parcours en autonomie totale dans le sens des aiguilles d’une montre, soit l’itinéraire de référence s’achevant par l’ascension aérienne de la cime de la Bonette à 2802 m d’altitude.

Mais avant de savourer ce bonheur unique que procure l’arrivée sur le toit du Mercantour, il leur a fallu puiser au plus profond d’eux-même pour venir à bout de ces 7 géants des Alpes du sud.

Dans la fraîcheur matinale, les cols de Vars et d’Izoard se passeront assez bien, bien qu »ils aient quelque peu sous-estimé la difficulté de tous ces cols, notamment en ce qui concerne leur distance.

Si la montée du col d’Agnel se passa plutôt bien, la descente fut terrible à cause tout d’abord d’un très épais brouillard avant que la pluie et le froid ne viennent s’ajouter à la difficulté. C’est totalement gelés et fatigués qu’ils se présenteront à l’entrée du Tratoria à Sempeyre pour y passer la nuit.

Le lendemain, 2 monstres les attendent : Sempeyre et Fauniera, deux cols terribles, mais dans un décor magnifique.

Nos 3 valeureux québécois se souviendront également longtemps de l’état des routes en Italie notamment dans les descente où, pour ne rien arranger, la pluie et le froid les ont accompagnés.

Après une seconde nuit dans une auberge à Demonte ils vont reprendre la route pour les deux derniers cols, La Lombarde qui sera le coup de coeur de Michel puis la Bonette pour terminer leur fantastique périple. Le plaisir et le bonheur furent tels qu’ils en oublièrent les moments difficiles.

Michel, André et Sylvain sont désormais « Membres » de la Confrérie des Majeurs.

Bruxelles, les 7 Majeurs, Bruxelles : Olivier avait la foi !

Je décide en cette fin de saison, de manière un peu improvisée, de retenter les 7 Majeurs. Je n’ai plus l’entraînement (4-5h / semaine en moyenne sur l’été) ni la préparation pour m’y présenter avec les armes nécessaires, mais je compte sur la foi. Parti initialement samedi à 16h pour pouvoir faire le chemin en deux fois et dormir une nuit complète, je me rends compte après 3h de route que j’ai oublié mon GPS. Pas de GPS, pas de trace, pas de navigation, pas d’homologation. Je fais demi-tour.

Bruxelles, 22h, pas le courage de repartir dans l’autre sens. Après 4h de sommeil, je prends la route. 15h à Briançon. 15h30 sur la selle. Après 3km d’Izoard, crevaison, je redescends au parking où j’ai laissé ma voiture pour remettre une pression suffisante dans mon pneumatique. 15h50 départ réel, c’est la bonne.

Izoard, 2361m. Redécouvrir ce col déjà parcouru. Il est facile, et devient plus intéressant sur ses derniers km. Rien à signaler. Je bascule et me retrouve du côté de la Casse Déserte. Je suis sans mot. Alors qu’en juin la scène était enneigée, ici la roche est rousse et or, et la végétation vire au vert bouteille. Je profite au maximum de cette vue où les roches viennent piquer le ciel. Scène presque belliqueuse où rivaux et grands champions ont croisé le fer et la pédale.

Agnel, 2744m. Etant donné mon départ tardif en journée, j’espère être au sommet avant la tombée de la nuit. Coup de pédale fluide et prudent sur la première moitié, coup de pédale saccadé et effrayé en approchant le sommet. Je m’éteins au fur et à mesure des kilomètres et la nuit se fait menaçante. Froid, en manque d’énergie, la fatigue accumulée des dernières semaines avec les salons, et l’entreprise téméraire depuis Bruxelles ont raison de moi. La suite sera un calvaire. Je dois donner des coups de reins pour avancer et me battre avec ma machine. Le vent souffle et l’atmosphère pèse, les nuages de plus en plus nombreux noircissent, le ciel va tomber. Il ne faut pas rester ici. Zéro degré au sommet, deux rapides photos et un salut à Scarponi et je descends.

Trempé de l’ascension, j’ai voulu descendre au plus vite sans me couvrir plus et profiter des dernières minutes de semblant de clarté. Erreur fatale : la descente est horrible. Je suis gelé, mes mains engourdies, le vent est violent et glacial. Je dois crier de rage dans cette immensité pour presque rester vivant. Un peu plus bas, doigts hasardeux, je passe mal le grand plateau, la chaîne se coince et en pédalant sans grande lucidité je la coince. Elle perdra sa fluidité et chaque tour de manivelle engendrera un saut de chaîne, ça ne s’arrêtera plus mais je ne sais pas ce que c’est !

Arrivé à Castedelfino dans la vallée je tente d’identifier le problème. Elle est en fait tordue sur 3-4 maillons. Je n’ai pas les outils pour redresser et je tremble dans le noir, impossible de réparer. Ma jauge de moral est à zéro, ma jauge d’énergie est à zéro, et la jauge de fatigue touche le bout. Par chance je trouve une auberge à Sampeyre.

Je comprends que ma volonté ne pourra surplomber la réalité physique : l’organisme dit stop, après une nuit de 4h, 11h de voiture, et 5h de vélo. Je m’éteindrai dans le gîte, sans rien savoir avaler, et sur le méchant constat d’être incapable de réaliser la boucle d’un seul trait.

Lundi 6h le réveil sonne. Il faut que je répare ma chaîne. L’aubergiste a quelques outils dont une pince qui me sera d’une aide précieuse. Chaîne redressée, je repars à l’assaut de Sampeyre mais avec la plus grande humilité. Sampeyre, 2361m. Ce long col aux pourcentages italiens (pas besoin de plus d’explications !) m’accueille et m’offre ses pentes à l’aube. Les premiers rayons du soleil percent les arbres se dénudant de leur feuillage pour enjoliver la nouvelle saison qui se présente. Les tons dorés et auburn de la forêt enchantent l’instant. J’arriverai au-dessus sans trop d’encombres. Rendre hommage à la Madone et dévaler l’autre versant. Descente capricieuse avec un revêtement en mauvais état. Ca use les avant-bras et brûle les patins de freins.

Fauniera, 2511m. Aaaah, Fauniera ! Fauniera… Colle dei Morti. Tu portes bien ton nom. Heureusement, tu n’es que la deuxième ascension de la journée, et je t’apprivoise cette fois-ci par le côté le plus doux. L’ascension par Demonte est un véritable enfer et je m’y suis plusieurs fois cassé les dents. Stroppo est plus accessible. Les pourcentages sont irréguliers et énergivores, à l’instar d’une route dégradée qui dépeindra au fur et à mesure sur le ciel. L’ambiance au-delà de 2000m est toujours aussi étrange, le calme plat, le vent pour seul maître du temps.

Le brouillard s’invite et bientôt on ne voit plus rien à 100m. J’aperçois Marco Pantani qui trône fièrement, dérangé par ces motards qui viennent gâcher l’atmosphère solennelle. Stérile de toute vie, cette cîme n’invite toutefois pas à établir campement. Il faut descendre, 25 longs km jusqu’à Demonte, où il sera 13h30. Un plat de pâtes, du poulet et 2 americano, et c’est reparti après un bon break.
Lombarde, 2350m. J’avais un mauvais souvenir de cette ascension par le versant italien, et je crains que celui-ci se réitère : une masse nuageuse me court après depuis Fauniera mais je ne veux pas être mouillé. Je monte donc à un rythme assuré et alterne danseuse et selle. Ce repas copieux m’a redonné des ressources insoupçonnées, j’avale le col sans souci et tombe vers Isola.

Lundi, la journée se termine, Isola. De violentes bourrasques froides ont giflé le versant français de la Lombarde, je ne suis pas très rassuré, m’étant fait déporter 2-3 fois en tenant pourtant bien fermement le guidon. L’obscurité viendra angoisser mon état et au pied de la Bonette, je ne trouve pas la niac pour aller chercher les 26km terminant dans son paysage lunaire et ténébreux. La Bonette, on ne s’y aventure pas par hasard, c’est elle qui vous porte, qui décide de votre issue. Je le sais, je la respecte, et je sais que je peux tout y perdre. Ayant craqué déjà la veille, je capitule face à sa grandeur, et décide de monter à Auron pour dormir et me reposer. Je repartirai demain matin après 6h de sommeil.


Mardi, 8h, pied de la Bonette. Je réalise que je suis toujours dans les temps pour être Maître de la Confrérie mais il ne me reste que 7h50 pour rallier Briançon. Je prends donc un rythme tout en gestion et monte l’immense et majestueuse Bonette au lever du jour. Un vent bien frais souffle les herbes hautes couchées, où l’on devine ci et là de coquines marmottes ! 10h passée de peu, j’arrive à la Cîme et entame la descente vers la vallée de l’Ubaye.

Jausiers, 11h. Une boulangerie où j’enfile une part de pizza et un pain saucisse, et un café près de l’office du tourisme où je rencontrerai ce cher Guy Moron, venu me saluer à ma table ! Belle rencontre Guy, où l’on échangera quelques mots et notre passion pour le vélo et les 7 Majeurs, en clin d’œil à Patrick Gilles et à cette formidable initiative.

Vent de face pour rallier le pied du Col de Vars, mais c’est le dernier Colosse avant Briançon. Un début roulant, qui se redressera par la suite, entre deux grandioses versants illuminés par un chaleureux soleil. Il ne me reste plus que quelques km mais je veux profiter de l’instant. Je m’arrête plusieurs fois pour admirer, respirer, écouter. Ecouter la montagne, la sentir, lui dire aurevoir. Col de Vars, 2102m. Je ne peux y rester trop longtemps, j’ai vu la montre tourner et le moindre pépin pourrait me coûter cher. Je descends et plonge vers Guillestre, puis ce faux-plat jusqu’à Briançon, nez dans le guidon.

Briançon, 15h01. La boucle est bouclée. 21h de ride et 47h11 en tout.

Retour immédiat sur Bruxelles après une bière et une transition vélo-voiture pas évidente. Arrivé à 4h30 dans la nuit, dormir.

Je courrais après cette boucle depuis un petit temps, après avoir essayé et échoué pour diverses raisons Ici, un peu dans l’impro, non préparé et non reposé, le faire d’un coup était une illusion. Mais le faire quand même, le faire, en hommage et en respect pour cette royale épreuve.

Morale de l’histoire : Bruxelles-Briançon-7 Majeurs-Briançon-Bruxelles en 72h. Une classique à déconseiller !

Les 7 Majeurs en duo

Forts de notre préparation des 9 derniers mois, c’est enthousiastes et confiants que nous quittons la Belgique le samedi 22 septembre 2018 aux petites heures pour relever le défi des 7 Majeurs. 

Afin de s’acclimater à l’altitude et permettre à Céline de parfaire ses aptitudes à la descente de cols, nous faisons étape quelques jours à Vaujany dans les environs de Bourg d’Oisan. Après l’ascension de l’Alpe d’Huez, du col de Sarenne, du col du Sabot et de la Croix de Fer, notre enthousiasme et notre confiance initiale font place au doute et à la raison… Le défi des 7 majeurs qui nous attend les jeudi 27 et vendredi 28 septembre sera du costaud.

Après une bonne nuit de sommeil à Auron, un petit déjeuner copieux et un dernier briefing avec notre accompagnateur Gauthier, nous prenons le chemin du départ que nous avons fixé à Isola village. A 8h33 précisément, petite photo et nous prenons le départ sous le soleil mais la température est encore fraiche, pas plus de 7 degrés. Les premiers kilomètres défilent rapidement et nous sommes tout sourire lorsque nous atteignons sans encombre le pied de la première difficulté du jour : le col de la Bonette.  L’ascension est agréable, beau soleil, pas de vent et circulation très calme. Nous passons les 2000 m, tout va pour le mieux, les jambes sont bonnes. Les marmottes nous observent d’un air moqueur, nous semble-t-il, elles doivent sûrement se demander pourquoi on roule si lentement; lors du Tour de France, les coureurs passent au moins deux fois plus vite… Nous restons dignes, concentrés et atteignons le sommet pour la première photo souvenir.

Pas plus de 5 minutes et nous repartons direction Vars.Le soleil est presque au zénith quand nous entamons le deuxième col de la journée, la fraicheur a fait place à une chaleur intense, le thermomètre indique 26 degrés et pas un soupçon de vent. Nous buvons beaucoup et Gauthier, notre ravitailleur, ne chôme pas. Malgré cela nous prenons un « coup de chaud » et les cinq derniers kilomètres de l’ascension nous paraissent interminables. Un aigle nous survole, il a dû percevoir notre perte de vitalité et, opportuniste, il doit se dire que, sur un malentendu, il tient peut-être là un bon repas… Pas de chance pour lui, le sommet est atteint et la descente vers Briançon est lancée tambour battant.

La transition vers le prochain col est très longue et le trafic très dense, pas agréable du tout. Seul point positif : le vent est fort et de dos. Nous nous faufilons à travers les embouteillages dans le centre de Briançon en travaux et nous lançons à l’assaut des pentes de l’Izoard. Montée agréable, la température est redevenue correcte, nous profitons de la nature et de la magnifique forêt d’épineux que nous traversons.  Rencontre du troisième type à quelques encablures du sommet : nous croisons un groupe de cinq jeunes qui descendent, tels des trompe-la-mort, en skate-board avec un casque pour seule protection ! Et nous qui pensions être des cascadeurs en dévalant les cols à vélo… Troisième sommet vaincu ce jour, petite photo souvenir, le soleil se couche, la température est redescendue rapidement, nous nous équipons chaudement, installons les lampes sur les vélos et prenons la direction de Château-Ville-Vieille ou nous ferons étape pour la nuit.  Super soirée et diner de roi à la Baïata du Loup (La Chalp), un gîte à recommander; tout y était parfait.

Après une nuit réparatrice, nous voilà repartis pour les dernières 24h avant d’atteindre notre objectif. Il fait très froid, notre suiveur a dû gratter le pare-brise.  Les premiers tours de pédales sont lourds et douloureux et le col d’Agnel arrive un peu vite, nous ne sommes pas encore vraiment chauds.  Mais finalement ça grimpe bien et le sommet est atteint plus rapidement qu’escompté. Nous suivons à présent notre petit rituel, un grand sourire, un petit bisou, une photo, un habillage et hop c’est reparti !

La suite va être moins drôle. En bas du col, nous prenons à gauche et non à droite, emportés par notre élan et notre envie de bien faire nous dévalons dans la mauvaise direction, 28 km avant de nous en rendre compte… Nous stoppons les GPS, mettons les vélos sur la voiture et revenons sur nos pas à l’intersection ratée pour reprendre la route. Pas mal de forces laissées dans l’aventure, nous entamons les premiers lacets de Sampeyre en silence, le regard bas, la journée va être longue, très longue. Col pas facile, il fait à nouveau très chaud et l’état de la route ne rend pas très bien la force mise dans chaque coup de pédale, le moral n’est pas au beau fixe. Comme souvent, la forme peut revenir avec un petit ravito que nous prenons un peu avant le sommet, nous profitons de la vue magnifique et faisons les comptes.

Il faut bien se rendre à l’évidence : la fin de Fauniera et la descente vers Demonte se feront dans le noir. Fauniera, parlons-en… Nous sommes assez perturbés, aucune trace de ce col sur les panneaux, nous nous arrêtons à quatre reprises et à chaque croisement afin de comparer les tracés GPS, plein de choses indiquées partout mais pas de Fauniera… Plus de choix à présent, il ne reste qu’une route, nous devons donc probablement être sur la bonne. Dur, dur, le revêtement est encore plus mauvais que dans Sampeyre et quelques murs très raides complètent le tableau.

La nuit est tombée, il fait froid et le doute s’installe. Nous arrivons au sommet, du moins on le pense, toujours aucune trace de Fauniera. Nous faisons la photo devant une stèle à la mémoire du célèbre coureur italien Marco Pantani, nous nous harnachons pour la descente et prenons à droite direction Demonte. La voiture nous précède et, à mon grand étonnement, je ne la vois pas plonger mais bien monter encore… C’est donc bien cela, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines avec ce satané col de la Fauniera. Mais soudain miracle : pour la première fois, le nom du col apparaît. Cette fois on y est !  Nous sommes épuisés et redoutons la descente dans le noir.

Quelques frayeurs plus loin (dont un chat qui y a probablement laissé sa queue), nous arrivons à Demonte ou nous passerons la nuit. Pizzas, pasta et fiesta… Enfin fiesta pas pour nous. Pas de chance : l’hôtel accueille un mariage. La nuit sera courte : trois heures de sommeil et pas une minute de plus.  Nous aurons en tout cas parfait notre connaissance du répertoire italien de chansons populaires…

Départ pour la dernière ligne droite à 4h30.  Il fait encore nuit évidemment mais la température est correcte en comparaison des deux jours précédents. Le pied du dernier col de notre challenge est atteint sans encombre via un tronçon en léger faux-plat bien roulant.  Commence alors la course contre la montre avec pour objectif, rappelons-le, d’être de retour à Isola en moins de 48h, soit avant 8h33. Le revêtement de la route est bien meilleur que les deux premiers cols italiens. Il fait un silence de mort, juste le sifflement du vent qui se renforce de lacet en lacet. Nous quittons la forêt et attaquons la deuxième moitié du col de Lombarde avec un vent de face assez puissant quand le jour se lève. A ce moment, la température diminue brusquement, l’altitude n’arrangeant rien évidemment. Contrairement aux cols français, pas de panneau indiquant les km et les pourcentages de pente, c’est l’aventure et, honnêtement, le stress de voir la route s’élever brusquement. Nos lampes clignotent et cela nous rassure, nous devrions éviter les balles des chasseurs levés tôt pour assouvir, comme nous, leur passion. On s’encourage mutuellement, on est dans les temps mais il ne faut pas de défaillance ou de pépin technique. Gauthier nous dépasse et nous attend au sommet. Nous l’apercevons à présent, un sentiment merveilleux nous inonde et nous pédalons comme jamais, plus de mal aux jambes ou de souffle court, nous volons littéralement sur la dernière difficulté de notre parcours. Ca y est, c’est fait nous y  sommes ! Nous fondons en larmes et nous prenons dans les bras, un bonheur inexplicable.

Quelques minutes pour reprendre nos esprits et nous plongeons vers Isola à la vitesse de l’éclair. A notre arrivée, les cloches de l’église du village se mettent à sonner pour nous accueillir, pur hasard mais il fait bien les choses, il est huit heures pile et nous venons de boucler la boucle en 47h et 27 minutes.

Voilà notre récit de cette merveilleuse aventure, humaine et de connaissance de soi. Quelle expérience magnifique, nous avons bien conscience que la météo nous a été très favorable et que toutes et tous n’ont pas eu ou n’auront pas notre chance.  Avant de terminer, nous souhaitons remercier du fond du cœur notre ami Gauthier Vanhove sans qui tout cela n’aurait pas été possible. Merci pour les ravitaillements, pour ton esprit positif, pour les encouragements et pour ta bonne humeur permanente.

Franck & Céline

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