Catégorie : Légende des 7 Majeurs

Le col d’Izoard labellisé Route du Tour

Chaque col des 7 Majeurs est intimement lié à l’histoire du cyclisme et pour la création du label « Route du Tour », appelé à terme à devenir une référence notamment pour les cyclistes amateurs qui s’attaquent aux routes de montagne de la Grande Boucle,  la montée de l’Izoard est l’une des 3 premières à obtenir ce label. Pour saluer cette reconnaissance, Romain Bardet et Pierre Latour en pleine séance de reconnaissances en vue de l’arrivée du 20 juillet prochain ont posé avec Bernard Thévenet, l’un des maîtres des lieux.

« Route du Tour » : une histoire, un label

Ce ne sont pas tout à fait des routes comme les autres. L’histoire du Tour de France se construit sur le bitume où les coureurs suent, bataillent, tremblent et rêvent. « La montée à l’Izoard en 1975, c’est ma plus grosse émotion », confiait Bernard Thévenet à Romain Bardet.

Bernard Thévenet et l’Izoard

Bernard Thévenet a escaladé quatre fois dans le Tour de France et chaque passage lui reste en mémoire. l’énoncé même du nom de l’Izoard lui donne encore des frissons.

« Bien sûr le plus marquant est celui de 1975 lorsque Louison Bobet m’avait demandé d’entrer seul dans la Casse Déserte et de passer ce sommet en tête si je voulais devenir un champion. Un soleil ardent rendait les routes brûlantes mais une foule déchaînée m’encourageait. C’était un partage, presque une communion. Ces quelques minutes restent le plus inoubliable souvenir de ma carrière. Merci Ô Izoard, toi sans qui je ne serais pas devenu ce que je suis . »

Le Tour de France et l’Izoard

Le Belge Philipe Thys a été le premier coureur du Tour de France à atteindre l’Izoard en 1922. Depuis, la Grande Boucle a franchi à 33 reprises ce col rendu mythique grâce à son paysage lunaire à la Casse Déserte. Les plus grands grimpeurs du peloton comme Coppi (1949-1951), Bahamontes (1958-1962) ou Merckx (1972) l’ont dominé. Mais personne ne s’y est encore imposé. Cette année, une arrivée (en l’occurrence celle de la 18e étape) sera pour la toute première fois jugée au col. Ce final de prestige rappelle ceux de l’Aubisque en 2007, du Tourmalet en 2010 ou encore au Galibier en 2011. Quelques heures avant le peloton du Tour de France, les femmes auront elles aussi l’honneur de s’attaquer aux redoutables pentes de l’Izoard dans le cadre de la 4e édition de La Course by le Tour. Pas de Champs-Elysées cette année, l’épreuve délocalisée pour l’occasion dans les Hautes-Alpes offrira sur les 67 kilomètres de course un panorama d’exception aux concurrentes.

Quand le maillot jaune laisse ses semelles dans l’Izoard…

Les cols des 7 Majeurs appartiennent à la légende du cyclisme. Théâtre d’exploits et de défaillances, quelques unes des plus belles pages du Tour de France et du Giro y ont été écrites. Lorsque vous escaladerez ces cols en quête du titre de Grand Maître de la Confrérie des 7 Majeurs, pensez à ces grands moments de l’histoire du cyclisme comme cette 14e étape du Tour 1926 remportée par l’Italien Bartolomeo Aimo.

Le 14 juillet 1926, la 14e étape du Tour de France disputée entre Nice et Briançon emprunte 2 des 7 cols du Défi des 7 majeurs : Vars et Izoard. 275 km sont au programme de cette journée qui s’annonce éprouvante pour les 46 rescapés du Tour qui s’élancent de Nice à 5 heures du matin.

La première difficulté du jour est le col de La Colle-Saint-Michel franchie aux environs de 9 heures par un groupe de 22 hommes qui se sont isolés à l’avant de la course. Le maillot jaune Lucien Buysse prend un petit avantage dans le col d’Allos qu’il passe en tête avec 30’’ sur Marcel Bidot.

1926-14-Aymo-primo-izoardLe maillot jaune va chuter dans la descente sur Barcelonnette laissant Bartolomeo Aimo prendre les commandes de la course.  L’italien se lance dans un long cavalier seul et franchit peu avant 14h le col de Vars avec 6’35 d’avance sur Lucien Buysse et poursuit son épopée solitaire dans le col de l’Izoard alors qu’une pluie torrentielle et glaciale s’abat sur lui. Il fait front avec le même héroïsme que ses poursuivants et s’impose à Briançon après 12 heures d’effort. Cette victoire lui permet de monter sur la 3e marche du podium, une place qu’il parviendra à défendre jusqu’à Paris.

Le maillot jaune Lucien Buysse va vivre pour sa part un véritable calvaire. Après avoir cassé ses freins, il effectue la descente de l’Izoard en freinant avec ses pieds. Il termine l’étape à près d’une demi-heure de l’italien Bartolomeo Aimo en ayant laissé les semelles de ses chaussures dans la descente… Il garde néanmoins son maillot jaune devant le luxembourgeois Nicolas Frantz arrivé en même temps que lui.

(source : lagrandeboucle.com)

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