Catégorie : Récits (Page 1 of 2)

La balade sereine de Aymé Arnaud

J’ai eu connaissance de l’existence de la confrérie des 7 majeures courant 2016. Après renseignements sur le site, j’ai pensé que ce n’était pas à ma portée en 24 heures. L’idée a mûri et dès le printemps 2017 j’ai commencé à l’envisager et à me préparer.

Après trois mois d’entraînement et près de 5 000 km au compteur avec beaucoup de dénivelé, je me lance. Vendredi 16 juin, à 21 heures, toutes les conditions sont réunies : météo favorable, suiveurs en voiture disponibles…

C’est parti du plan d’eau de Jausiers ! Le col de Vars est atteint 1h30 plus tard. La descente vers Guillestre est avalée ainsi que la remontée jusqu’à Briançon. Je suis bien. J’appréhendai la nuit mais finalement j’éprouve énormément de plaisir dès les premières pentes du col d’Izoard. Pas de voiture, pas de bruit, la concentration est totale. Je suis dans ma bulle. Le sommet du col est atteint à 2h15. Il fait 11°, température exceptionnelle pour la saison à cette altitude.

Après une descente sans encombre, me voilà au pied du col Agnel, repéré une dizaine de jours auparavant. Le col est atteint avec le lever du jour, à 5h15. 7° à 2700 m, que du bonheur ! Je m’accorde une petite pause au pied de Sampeyre pour recharger les batteries. Le petit déjeuner a été préparé avec soin par Philippe et Fabrice qui m’accompagnent.

Sampeyre est vaincu à 8h25, sans difficulté et toujours avec une météo idéale. Dans la descente, un troupeau de vaches m’oblige à m’arrêter. Je perds un quart d’heure mais pas de quoi entamer mon optimisme. Avant de commencer le col de Fauniera, on se renseigne pour savoir si le col est bien ouvert et praticable pour ma voiture suiveuse. Les avis divergent, on ne prend aucun risque, Fabrice fera le tour par Cuneo tandis que Philippe m’accompagne à vélo pour parer à tout problème mécanique. Fauniera est atteint à 11h55.

Vigilance dans la descente jonchée de cailloux dans la première partie et puis la circulation (vélos et motos) est dense. Deuxième pause avant d’attaquer la Lombarde. Je suis serein et en forme. A 16 heures, j’ai réussi le 6e « majeur ».

Après une descente rapide et un vent favorable qui me ramène à Saint-Etienne de Tinée, place à La Bonette. Je retrouve Stéphane qui est venu à ma rencontre en vélo. Philippe est toujours à mes côtés. On attaque à 3 la dernière difficulté. A part des crampes sous la voûte plantaire qui m’oblige à effectuer une petite pause, je reste fixé sur mon objectif. Je reste confiant. La cime de La Bonette est passée vers 19h50.

J’ai du mal à entamer la dernière descente car je sens la fin de l’aventure proche et je n’ai pas envie que ça se termine. Mon équipe me presse à redescendre pour être dans les temps et ne prendre aucun risque. 20H36, arrivée au plan d’eau, il est temps de boire une bonne bière fraîche apportée par Martine et Sylvie.

Je souhaite à tous les futurs participants d’avoir autant de chance que moi et de réaliser ce défi avec une aussi bonne météo, d’aussi bonnes sensations et sans aucun pépin mécanique. Encore merci à mes deux accompagnateurs et à Patrick Gilles d’avoir eu cette idée qui peut paraître un peu folle mais qui m’a procurée 24 heures de plaisir !

Alain Bellagamba tient sa revanche !

Après une tentative infructueuse dimanche dernier où j’ai dû abandonner sur une casse mécanique après 5 cols et 260kms, je me suis remotivé immédiatement pour repartir samedi matin à 4h00 du matin depuis Jausiers pour ce périple de 365 kms et 10400m de dénivelé.

Pour ne pas être lassé je fais l’itinéraire en sens inverse. La forme est là et la Bonette, puis la Lombarde sont bouclés avec un bon tempo. A l’amorce de la Fauniera depuis Demonte, la température monte très vite et il fait déjà chaud. Je gère bien la montée et tout ce passe correctement. la descente sur Ponte Marmora est sans pitié pour les freins et les mains sont vites endolories.

J’attaque l’ascension du col de Sampeyre depuis Stroppo où il fait 32° à l’ombre. Je suis en nage et le soleil très agressif. Je souffre de cette chaleur et je suis obligé de réduire mon rythme. La descente sur le village de Sampeyre est également exigeante physiquement et il faut redoubler de prudence sur cette petite route très fréquentée ce samedi. Au village je prends peur en regardant le thermomètre qui affiche 36°.

L’ambiance est lourde. Dès les premiers coups de pédale je suis assommé, le coup de chaleur est là. Je m’arrête, je m’allonge et je m’asperge d’eau, mais c’est trop tard je suis totalement abattu.

Le long et difficile col Agnel versant Italien va tourner au cauchemar. Je ne peux plus rien avaler, que ce soit eau ou nourriture. Au courage et en cherchant la motivation dans tous les recoins de mon cerveau je parviens au sommet épuisé. Je ne sais pas si je peux continuer l’aventure, mais je ne veux pas renoncer.

J’amorce la montée suivante vers le col de l’Izoard en état second. Le manque d’énergie et de boisson se fait sentir. Je prend un rythme de survie et petit à petit je monte. Je fais l’intégralité du col sans boire ni manger. La photo au monument et faite très vite car l’orage gronde maintenant.

Je m’élance dans la descente vers Briançon, mais au bout d’un kilomètre il pleut. la route se détrempe et dans la nuit il faut être prudent. A Briançon je m’efforce de manger un petit sandwich, mais rien à faire il ne passe pas.

Je continue sur Guillestre sous une forte pluie et des éclairs énormes. Par endroit je ne vois rien et mes yeux se ferment pour éviter les grosses gouttes. J’attaque alors le col de Vars diminué mais maintenant totalement déterminé. J’arrive enfin à prendre une banane, mais l’eau. Je fais toute la montée avec obstination. Je ne peux pas vraiment profiter du moment, des animaux débusqués à la lueur de ma frontale, de la voie lactée qui apparaît maintenant que le vent ait chassé les nuages et éloigné l’orage, de la magie de progresser dans le noir sans bruit. L’arrivée au col est intense et je suis vraiment ému, mais cuit !

La descente sur Jausiers pour boucler la boucle se fait encore sur une chaussée mouillée et dangereuse, je me force pour rester vigilant et tonique, alors que je suis fatigué. L’entrée à Jausiers à 02h50 est magique, Vincent m’attend en vélo et fait les derniers tours de roue avec moi, Guy et son épouse sont là, enthousiaste et bienveillants, ma femme et mon fils toujours à mon petit soin, j’ai vraiment de la chance.

Cerise sur le gâteau Guy à apporté une bouteille de champagne et les coupes qui vont avec et c’est dans une atmosphère un peu irréelle par rapport à ce que je viens de vivre, que nous trinquons à 03h du matin en plein centre du village, tous heureux de ce moment pas comme les autres. Les 7 Majeurs à vélo enfin bouclés !

Un immense merci à mon épouse, mon fils, Vincent et une mention exceptionnelle pour Guy et son épouse, ils se reconnaîtrons !

Le pied-tendre et les 7 salopards

C’est avec une appréhension certaine que je me rends à Jausiers, point de départ choisi pour ce challenge des « 7 Majeurs ». C’est une grande première fois : je n’en ai grimpé aucun auparavant !
Premier petit coup de stress : j’ai oublié mon câble micro USB pour recharger mon GPS et mon compteur. Après avoir fait chou blanc dans plusieurs magasins, je fini par en dénicher un dans un magasin de téléphonie du centre-ville de Jausiers.
J’ai côché cette date depuis plusieurs mois, qui réunit plusieurs avantages : c’est la pleine lune et j’espère ainsi profiter un peu des paysages des montagnes traversées la nuit et avoir des descentes avec un minimum de visibilité ; les jours n’ont pas encore trop raccourcis (Donc nuit plus courte) ; enfin j’espère une nuit pas trop froide.

Initialement, je devais partir vers 18h00 pour faire les cols italiens de jour, sur les conseils de Pascal P., l’état de leur revêtement étant assez dégradé. J’avance un peu mon horaire vers 16h-16h30, car je redoute les orages de chaleur de fin de journée qui sévissent actuellement. J’en ai subi un la veille en arrivant : ils sont violents, soudains, avec de fortes précipitations.

Un peu avant 16h20, je m’élance direction le col de Vars. Les sensations sont moyennes, le coup de pédale pas super. Les 800 bornes de voiture la veille ne doivent pas y être étrangères. Comme redouté, le ciel s’assombrit et de gros nuages noirs s’agrègent sur les sommets alentour. J’atteins le col de Vars au sec, mais avec un fort vent de face pendant l’ascension. Je bascule, pas de nuages. J’ai le sentiment que le lac de Serre Ponçon favorise ces concentrations orageuses sur les massifs qui le surplombent.

Commence alors cette phase de transition vers Briançon avant d’attaquer l’Izoard. Il fait chaud et le vent ne faiblit pas. J’arrive à Briançon en début de soirée. Les terrasses de café sont pleines, la saison estivale est lancée. Je refais le plein des bidons en m’octroyant un diabolo menthe et un Magnum.

L’Izoard : ce nom évoque pour moi des images en noir et blanc, des silhouettes courbées sur leur machine, leur poitrine ceint d’un boyau, dans un décor granitique, minéral, sur des routes plus proches du sentier de chèvres. L’ascension par Briançon ne correspond pas à cette description. Mais à l’approche du sommet, la roche prend le pas sur les alpages. Cette impression lunaire, désertique est accentuée par ce moment de la journée, que l’on nomme aussi « entre chien et loup ».

L’autre versant est irréel. Me voilà en plein dans la Casse déserte ! Il y pas mal de monde venu profiter du coucher de soleil dans cet environnement singulier.
Le Queyras : Château Vieille Ville, Môlines sont les noms dont je me souviens. Je ne connais pas du tout ce coin de France. J’en ai juste entendu parler. L’aperçu furtif m’a plu : villages de montagnes peu affectés par nos canons urbains actuels.
La transition Izoard – Agnel est rapide. Je prends soin de m’alimenter entre chaque col. Avec mon petit moteur, je fais appel à des filières énergétiques ayant une autonomie limitée. La nuit est bien installée maintenant. La montée de l’Agnel est plaisante : je livre mon impression, car je ne vois pas grand-chose ; elle est émaillée de plusieurs villages et autres hameaux, de nombreuses fontaines jalonnent la route : pas de risque de tomber en panne d’eau.

Au sommet : prises des photos, manchettes et hop c’est reparti à l’assaut des 3 cols italiens au menu. Je mets en charge mon GPS de guidage : il est à 0%. Et crac, avec ma délicatesse habituelle, je casse le plastique de l’embout. Je n’ose plus toucher à rien, ça à l’air de toujours fonctionner. Quel con ! C’est transi que j’arrive à Casteldelfino. J’ai presque envie de vomir. C’est de ma faute. J’ai descendu l’Izoard en court et j’ai juste mis des manchettes pour la descente d’Agnel. Mon maillot est trempé de la transpiration de la montée et le gilet fluo en plastique ne favorise pas l’évacuation de cette humidité, au contraire il l’amplifie. Je me désape et enfile un sous-vêtement technique d’hiver, plus un sous casque, un « Buff » et un coupe-vent. Je mets bien 20 minutes à ne plus grelotter.

Petite transition vers le Sampeyre mais gros changement de décor : fini les routes françaises aseptisées. Dès le premier mètre, c’est une route étroite grêlée des réparations d’une dizaine de générations de cantonniers. L’état de la route, mais surtout le panel de réparations mis en œuvre m’ont occupés l’esprit une bonne partie de l’ascension. Blague à part, c’est une montée comme je les aime. On est sous les arbres assez longtemps, c’est sauvage, ça tourne, c’est irrégulier, je n’ai pas vu passer le temps. L’arrivée au sommet sur un petit plateau est déconcertante.

C’est le point de jonction de plusieurs chemins de randonnée. Je crois même me souvenir que la route que j’ai empruntée se termine aussi sans revêtement. Je cherche le panneau mentionnant le col, une sculpture quelconque. J’aperçois une forme imprécise à une trentaine de mètres. Bingo, j’ai déjà vu cette…sculpture ( ?) sur des photos d’autres participants.

J’amorce rapidement la descente sur une route sans revêtement : ça secoue. Et pour cause, j’ai raté la bonne route (Merci le GPS) et me suis emmanché sur un chemin. Cette descente sera la pire de toutes. Même si la route est en moins mauvais état que l’autre versant, je suis tout le temps sur les freins. L’obscurité n’arrange rien. Ca tape, ça cogne, ça secoue, ça slalome au gré des défauts de la route…ça dure une éternité. Paf ! Je prends un trou et mon bidon de réparation est éjecté. Me voilà à chercher avec le phare démontes pneu, cartouches de gaz, multi outils, etc éparpillés sur la route en pleine descente. Je retrouve tout.

A Saint Martin, le GPS m’indique une route sur la droite. Je ne la trouve pas. Je continue, arrive dans le village donné et tâtonne un bon moment. Je continue sur la même route la descente contre l’avis du GPS. Arrivé en bas, je m’aide de Mappy itinéraire pour reprendre la bonne direction. Petite transition de 5 km et hop petite route sur la gauche et c’est parti pour la Fauniera. Pas une seule fois, je ne vois un panneau indiquant ce col. Je redoute cette montée après avoir lu un commentaire de Patrick G. « Interminable Fauniera ». Le jour se lève pendant l’ascension. C’est mon préféré des 7, mais aussi le chef de bande des 7 salopards. En son milieu, le revêtement est mauvais, voire inexistant, avec des ruptures de pente assez sèches. Par contre, les paysages, les odeurs, cette route qui ne s’est pas imposée au relief et ses obstacles, font de cette montée un régal.

J’arrive à la stèle Fausto Coppi, content d’en avoir fini. Je commence à ressentir l’accumulation du dénivelé. Photo de la stèle pour mon homologation, j’enfourche le vélo, m’apprête à repartir par la route devant moi. Le GPS n’est pas d’accord. Il m’indique une autre route à laquelle je n’avais pas prêtée attention, sur la droite, au détour d’une roche…avec un panneau indiquant le col de la Fauniera. Me revient alors en mémoire, la reflexion de Patrick G. « interminable Fauniera ». Je plussois !

Re-photo devant le panneau du vrai sommet de la Fauniera. J’interchange les branchements entre le GPS de guidage et mon Garmin 500. Ca ne tient que par un fil, l’expression au propre, comme au figuré. La descente commence par une route serpentant au sommet au milieu d’un chaos rocheux : impressionnante cette Fauniera. Puis on bascule dans un décor suisse. Autant l’autre versant était sauvage, autant celui-ci semble avoir été domestiqué. Il y a des marmottes par dizaines et j’ai peur d’en percuter une. Le revêtement est plutôt bon, il y a pas mal de locaux en vélo ou en ski à roulettes. Il fait beau, je ne ressens pas d’effet de ma nuit blanche : le moral est au beau fixe. Par contre j’ai faim, je sens la fringale qui pointe. J’arrive à Demonte et prends la route de la vallée pour cette transition d’une vingtaine de km vers la Lombarde. La broche de ma prise micro USB m’a lâché. La charge de mon Garmin 500 est à 16% : je les garde pour la fin de parcours pour l’homologation.

Je stoppe à Aisone pour un petit déjeuner. J’engloutis 5 croissants fourrés et un thé, refais le plein des bidons à la fontaine. Il est 9h00 : c’est mort pour terminer en moins de 24h00. Je sens que les jambes ne sont pas bonnes et que les 2 dernières ascensions vont être un calvaire.

La lombarde démarre par un mini Alpe d’Huez : une série de lacets assez resserrés, mais à l’ombre sous les frondaisons. S’en suis une longue portion en ligne droite, monotone et difficile, puis des paliers de niveaux que l’on franchit par de courtes séries de lacets. On débouche sur un plateau verdoyant et arboré, où la route est quasiment plate. Embranchement sur la gauche : direction la frontière, 8 km jusqu’au sommet. La première partie est boisée, puis la fin se fait sur un plateau pelé clairsemé de roches. L’ascension a été dure pour moi, mais je pense qu’elle n’est pas difficile intrinsèquement.

La descente vers Isola village se fait par une route large et rapide. On y laisse de la gomme de patins car les virages sont nombreux et serrés après de longues lignes droites. Il fait chaud et le vent s’est levé. Il sera favorable jusqu’à Saint Etienne de Tinée, terme d’une transition d’une quinzaine de km. Pause casse-croute à la boulangerie d’Isola Village : je la recommande, sandwich préparé sur le moment : le pain est frais, bien croustillant avec son jambon cru et fromage de pays.

La Bonette n’est pas dure dans son ensemble, même si j’ai trouvé que les difficultés allaient crescendo : déclivité et fort vent de face. Je la gravis avec résignation, j’évite de regarder les panneaux à chaque km. Je ne veux pas savoir, je sais déjà que c’est long. C’est suffisant.
Pause coca/Banane au gite d’étape de Bousieyas avant d’entamer l’assaut final. Bientôt j’aperçois un ensemble de maisons en ruines : cela me fait penser à ces villages engloutis que l’on peut voir quand les retenues d’eau artificielles sont vidées. En fait c’est un ancien camp en cours de réhabilitation : le camp des Fourches. Drôle d’endroit : on doit être à 2400-2500 mètres d’altitude et ça m’étonnerait que l’accès soit toujours possible en plein hiver. D’autant plus que l’environnement immédiat est très austère. J’ai le sentiment que de mauvaises conditions météo peuvent très rapidement engendrer des situations périlleuses entre le camp des Fourches et le sommet.

La route contourne un pan de montagne, quelques km avant le sommet : je prends un vent violent en pleine poire, qui souffle en rafales avec une pente qui s’est acrue. J’atteins péniblement le panneau indiquant « Jausiers direct » : c’est tentant, mais rendrait caduque ce que j’ai accompli jusqu’alors. Les 900 derniers mètres sont horribles. N’ayant plus de GPS depuis quelques heures déjà, je n’ai pas la pente, mais j’ai l’impression que ça fait plus de 10-12%, toujours avec ce vent violent contraire. Je mets un point d’honneur à ne pas mettre pied à terre. Dernier virage à droite (Je rallume mon Garmin 500) et j’aperçois la stèle terme de l’ascension. Je ne m’attarde pas : le ciel se couvre, les premières gouttes font leur apparition.
Je dévale la vingtaine de bornes jusqu’à Jausiers. La boucle est bouclée : 25 heures et quelques minutes, sous réserve de validation par notre Grand Maitre.

Je suis assez déçu. Mais les messages de félicitations me remettent rapidement les idées en place afin d’apprécier à sa juste mesure l’esprit du défi des 7 Majeurs. Je reviendrai, mais l’année prochaine. Car de Tours, c’est vraiment une expédition ! Les 7 salopards ont eu raison du pied-tendre…

Le bonheur au bout de la souffrance

Parti d’Isola à la conquête des 7 Majeurs le 24 août 2017, Pascal LEPINE a bouclé son parcours le lendemain, rejoignant ainsi le rang des « Maîtres » de la Confrérie des 7 Majeurs. Voici le récit de son périple :

« Départ d’Isola village à 6h20 pour la Lombarde. Juste le bruit de la nature pour m’accompagner au sommet. De Démonte, le col de la Fauniera, effectué avec mon ami Karim, découvre ses charmes , de la verte campagne au sommet minéral, Marco Pantani nous attend.

Je descends , sous une pluie dense vers Stroppo pour rejoindre le long et douloureux col de Sampeyre. A l’arrivée, une lumière couverte par une masse nuageuse brune. Je suis seul. Un panneau très récent signale une descente « compliquée ». Je n’ai pas le choix. Une nuit d’hôtel m’attend à Pontechianale à 15 kms du Col Agnel.

Le matin, à 7h10, je monte vers le col Agnel , de nouveau seul, mais accompagné par les cris des marmottes qui m’observent, attentives et peu discrètes. Elles sont chez elles !!

Le col Agnel est superbe. J’ai de la chance. Il fait très beau.Descente dans la vallée pour rejoindre, après Château-Queyras, le mythique col d’Isoard.

Le Tour de France est présent à chaque virage , en hommage aux champions passés, présents, et d’avenir ! Il fait bon à l’ombre des sapins. L’arrivée sur la Casse Desserte est stupéfiante. Quelques rochers éparses. Il n’y a plus d’arbre.

La descente vers Briançon est très rapide. Le bitume est de très bonne qualité. Merci les Collectivités Territoriales. Merci le Tour de France !

Il fait très chaud. Le Col de Vars est douloureux au départ de Guillestre mais très agréable , ensuite jusqu’au sommet.

Pour le col de la Bonnette, je suis, de nouveau, le seul cycliste à monter depuis Jausiers. Il commence , peut-être  » à faire tard » !

Quelles émotions sur les derniers kms !! dans ce décor grandiose, j’observe, à mon allure de  » cycliste fatigué » les regards apeurés des marmottes face au vol des aigles.

Au sommet, le silence ! Il est 19h30

Je m’accorde 15 mn pour figer ce savoureux moment, en attendant la descente vers Saint Etienne et Isola.

Quelle chance de pouvoir réaliser un tel parcours !! Un peu de souffrance, beaucoup de bonheur, il ne reste plus qu’à réfléchir aux nouveaux parcours ! Merci les 7 cols Majeurs !! »

L’épopée des 7 Majeurs selon Christian Samon

Parti à la conquête des 7 Majeurs depuis Fedio, au pied de la Fauniera non loin de Demonte, Christian Samon a décroché le titre de Maître de la Confrérie au prix d’une volonté sans faille. Très rapidement soumis aux affres de la météo il aurait pu être tenté de rebrousser chemin pour attendre que les cieux se montrent plus favorables. Il n’en fut rien. La chance souriant aux audacieux, Christian a poursuivi sa route retrouvant progressivement des conditions beaucoup plus sereines pour un tel périple.

Quelques heures après en avoir terminé, voici son compte rendu.

 » Défi des 7 Majeurs, quelle épopée. Tout d’abord je voudrais vous remercier de vos soutiens par message. Dans mon cas, seul dans cette aventure, de vous lire, c’etait mon seul lien, mon unique motivation. Alors un grand merci à vous tous.

Parti de Fedio mercredi 16 août vers 19h00, après avoir cassé du caillou toute la journée, mon début d’aventure ce fit sous la pluie, ce qui a un peu ébranlé ma détermination…. mais au final elle fut trempée comme l’acier.

C’est la Lombarde et la nuit naissante qui leva le rideau sur la formidable aventure que j’allais vivre, même si elle se terminera dans une souffrance innommable.

Lombarde, Bonette et Vars, 3 premiers cols pour moi seul. Un ciel scintillant et une lune rousse qui rendait l’atmosphère un peu plus magique. Renards, Linx, chats harés, biches, chevreuils étaient au Rdv.

Au sommet de Vars ou j’appréciais la levée du jour, un coup de fil à Sergio. On confirme notre Rdv a Briancon pour la montée de l’Isoard ensemble avec l’indestructible Claire. Merci à vous 2, votre compagnie m’a fait le plus grand bien.

On se quitte avec toutes les recommandations de prudence du papa Sergio.

L’Agnel a 12h00 fut une véritable fournaise. C’est la raison pour laquelle je n’y ai croisé que des cyclistes descendants. Ensuite de Cianale à Sampeyre, la descente se fait sur une route défoncée, un véritable piège à cycliste. La plus grande vigilance est de rigueur sur cette route.

Le col de Sampeyre est à la même enseigne. Au passage merci à Claire, la pharmacie est un bon repère. Je vais essayé d’oublier ce col ou tu es en prise durant 20km durant dans des pentes oscillant ente 7 et 10%, le 7% étant plutôt anecdotique.

La fin du col est féerique, c’est un peu la récompense. Ensuite, complètement maso, j’en remets une couche dans le col delle Esischie. Celui là, encore à l’état sauvage est un véritable écrin. À son sommet, je m’habille pour l’ultime descente vers Demonte où je rêve à une bonne douche et dodo. Le dernier km vers la Fauniera fut atroce, comme pour la Fausto Coppi. 

Enfin la descente fut difficile avec le sommeil qui me gagnait. Nombreux arrêts pour m’arroser le visage tout en le fouettant un peu. Dieu soit loué, je rentre sain et sauf. Encore un grand merci à vous tous, vous m’avez été d’un grand réconfort. Le mot de la fin à ma petite femme Zaza, inquiète jusqu’au bout, tant elle ne voulait pas me savoir seul dans cette aventure. »

41 nouveaux membres pour la Confrérie des 7 Majeurs

L’intérêt suscité par le parcours des 7 Majeurs va crescendo. Les conditions météorologies depuis la mi-juin étant relativement favorables, les départs se succèdent. La saison 2 voit notamment bon nombre d’italiens rejoindre la Confrérie. Véritable ode à la montagne, le parcours est certes redoutable, notamment pour ceux qui tentent de le boucler en moins de 24 heures pour décrocher le grade suprême de « Grand Maître », mais il permet d’évoluer dans des paysages grandioses avec en toile de fond le Mont Viso. Les 7 Majeurs n’est pas seulement un challenge cyclosportif, c’est aussi l’occasion de partir à la découverte d’une mosaïque de paysages à cheval sur la frontière franco-italienne.

Alors que la saison bat son plein, 41 nouveaux membres ont rejoint la Confrérie des 7 Majeurs au 16 juillet 2017 et de nombreux départs se profilent à l’horizon.

En attendant la mise à jour détaillée du tableau d’honneur, voici un aperçu des nouveaux membres.

  • Grand Maître (parcours bouclé en moins de 24h)
    • Amilcar DOMINGUES
    • Urbain BERNARDO
    • Aimé ARNAUD
    • Thomas POCAUT
    • Thomas DUPIN
    • Karel KRALOVEC
    • Guillaume GARNIER
    • David DE VECCHI
    • Julien LODOLO
  • Maître (parcours bouclé en moins de 48 h)
    • Pascal PAINEAU
    • Mathieu KAUFFMANN
    • Mario COCCO
    • Stefano RAGUSO
    • Sandro DANDRIA
    • Guilio VOZZOLO
    • Luigi ASTORRI
    • Hervé GOIRAN
    • Frédéric MOLINARD
    • Bernard DARDENNES
    • Barbara BONORI
    • Stefano LOSCO
    • Paola MACEDO
    • Maurizio BRANDOLINI
    • Matteo MALINVERNO
    • Ludovic GIRARD
    • Laurent CONNESSON
    • Simone BERTELLI
    • Yann BRAYMAND
    • Martin ANGIONI
    • Marc LALANDE
    • Maximillian CELINO
    • André PEREZ
  • Membre (parcours bouclé au delà de 48h)
    • Robert DUCRET (3 jours)
    • François SCHMIT (3 jours)
  • Aspirant (moins de 7 cols escaladés)
    • Paul MARCONNET (5 cols)
    • Eric JABY (3 cols)
    • Christian LORPHELIN (4 cols)
    • Nuno CAETANO (5 cols)
    • Max BIZAR (4 cols)
    • Johan RIGOULAY (5 cols)
    • Tristan CABOCHE (5 cols)
    • Florian PONZIOT (5 cols)
    • Adrien ESTIENNE (5 cols)

 

36 heures de complicité pour Ludovic et Matthieu

Ludovic Girard et Matthieu Kaufmann sont devenus « Maître » de la Confrérie des 7 Majeurs après avoir bouclé le parcours en 36 heures. 36 heures pendant lesquelles ils ont savouré chaque kilomètre de ce périple cyclomontagnard haut en couleurs comme en témoigne le résumé « à chaud » de leur chevauchée complice sur les cimes.

« Nous sommes partis de Guillestre le 30 juin à 5h40 et sommes arrivés le 1er juillet à 17h30. Ces 36 heures passées sur la route des 7 majeurs ont été une belle ballade, où nous avons vus beaucoup de marmottes, un renard, un bouquetin, mais pas de raton laveur…

Nous avons mangés plein de bonnes choses :

  • des  pâtes excellentes quelques kilomètres avant le village de Sanpeyre
  • une très bonnes pizza avec un grand choix de bières à l’hôtel Restaurant WOLF à 4 km après Demonte en direction de Cuneo
  • et une quiche lorraine savoureuse à la boulangerie d’Isola, avec en prime une terrasse au soleil !

Nous avons bénéficié de bonnes conditions météorologiques malgré des températures relativement fraîches (entre 2 et 6 degrés aux sommets), mais pas de pluie.

Par chance, notre montée de l’Isoard, le vendredi 30 juin au matin, s’est faite sur route fermée aux voitures, avec ravitaillement en fromages et produits du terroir au sommet ! Un vrai bonheur…

La montée de Fauniera est véritablement magnifique, mais terrible surtout lorsque l’on arrive col del Morti et qu’il faut encore un peu grimper pour rejoindre la Fauniera et la Stèle à la gloire du Pirate. J’ai hâte de revoir ces paysages, et je devrais donc revenir vers le 22 juillet. Cette fois ce sera au départ de Molines en Queyras, avec mon frère Christian. Après l’aventure en autonomie, nous bénéficieront cette fois d’une assistance pour tenter de décrocher le grade suprême de « Grand Maître »…« 

Et s’il fallait n’en choisir qu’un ?

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Hervé Buisson double la mise !

Quand on aime on ne compte pas ! Depuis sa première conquête du titre de Grand Maître de la Confrérie des 7 Majeurs, Hervé Buisson éprouve une attirance irrésistible pour ce défi haut en couleurs autour du Mont Viso entre France et Italie.

hb_bonette_2Le 18 juin 2016, au prix d’une incroyable volonté, il devenait le premier cycliste à inscrire son nom au rang de « Grand Maître » de la Confrérie des 7 Majeurs. Parti de Jausiers à la nuit tombante, il n’imaginait sans doute pas qu »il terminerait dans la neige sur les pentes de la Bonette…

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En duo sur les 7 Majeurs

La petite histoire de la Confrérie des 7 Majeurs retiendra que Delphine Roux et Virginie Faux sont les 2 premières féminines à avoir décrocher le titre de « Maître » après avoir magnifiquement dompté en moins de 48 heures le parcours les 7 cols de ce défi de haute volée.

Voici le récit de leur aventure, empreint de fraîcheur et de spontanéité. A la lecture de ces quelques lignes, vous n’aurez sans doute qu’une seule envie : vous élancer à votre tour à l’assaut de ce parcours certes hors norme mais qui ne peut laisser indifférent les inconditionnels de belles et longues chevauchées cyclomontagnardes.

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