Bilal GHOMRAOUI

Grade : Maître
Année : Chapitre 5 - 2020
Option : Avec assistance
Localité de départ : Mont Dauphin
Date et heure de départ : 19.08.2020 - 23:00
Date et heure d'arrivée : 20.08.2020 - 23:55
Lien vers l'activité Strava : https://www.strava.com/activities/3953617113
Photos et heures de passage
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Date et heure de passage : 20.08.2020 - 23:15
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Date et heure de passage : 20.08.2020 - 02:00
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Date et heure de passage : 20.08.2020 - 04:25
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Date et heure de passage : 20.08.2020 - 07:45
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Date et heure de passage : 20.08.2020 - 10:45
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Date et heure de passage : 20.08.2020 - 15:00
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Date et heure de passage : 20.08.2020 - 20:30
Impressions
Impressions : Mercredi 19 Aout 23h. Gare de Mont-Dauphin. Départ.
Après avoir passé la matinée à régler les derniers préparatifs (notamment 1kg de pâtes et 9 sandwichs) et l’après-midi dans mon lit (1h30 de sieste en tout), on pars en voiture avec Philippe Colson rejoindre la petite troupe sur le lieu de départ de Mont-Dauphin. A 22 :40 tout le monde est là et on commence à répartir les affaires de tout le monde dans une seule voiture (autant vous dire qu’elle était chargée à bloc). Il est prévu que Florence et Carlo nous suivent jusque Stroppo au pied du 4ème col, sur les petites routes alpestres, de nuit et pendant si longtemps ca s’annonce déjà comme étant un sacré défi à part entière ! On arrive à tout bien ranger et à 23 :00 :00 le départ est lancé ! Les 30 premiers kilomètres du parcours reliant Mont-Dauphin à Briancon sont sur une départementale assez large, Flo et Carlo (mais aussi Sophie et Guy sur les premiers km) nous suivent et nous mettent en sécurité dans cette nuit noir sans lune (on a bien évidemment nos frontales et lumières arrières mais une voiture avec les warning c’est encore mieux). Très vite c’est Philippe, notre vétéran qui nous mettra la misère pendant encore de longues saisons de triathlon, qui tire le groupe à une allure modérée. L’ambiance se veut décontractée, les blagues fusent, les kilomètres passent assez vite (on est sur un léger faux-plat montant), mais je ne peux m’empêcher de me demander ce que je fous là, à minuit, sur une route perdue dans les alpes, avec 4 autres peyes qui sont pas là pour trier des lentilles et encore 7 cols à gravir… Enfin, on passera, je continue à essayer de pédaler de manière efficace (le cœur, lui, a décidé que c’était la grosse fête, 146 pulses à 200W… mais vu que c’est pareil chez les autres je n’y prête pas trop d’attention).
Izoard et Agnel
On arrive donc assez vite au pied de notre premier majeur : le col de l’Izoard et ses 19km à 6% de moyenne (en deux parties ; une à environ 3-4% et l’autre plutôt à 7-8%), c’est sur le papier le plus abordable des cols. La montée se fait facilement, on monte au train et ca continue de discuter, il ne fait pas trop froid mais je garde tout de même mon coupe-vent. C’est totalement surréaliste de monter un col dans le noir, en ne voyant que ce qui est éclairé par nos phares (en mode économie d’énergie pour garder de la batterie pour les descentes), à 3-4 mètres donc. On ne peut voir les paysages surement incroyables ni les ravins profonds, la pente qui nous attends encore ou même le sommet du col qui parait toujours si loin en montagne. On grimpe et on grimpe dans un tunnel avec pour seule indication d’avancement les petites stèles donnant le kilométrage jusqu’au sommet et le pourcentage moyen du kilomètre à venir. En regardant mes Watts je vois que je suis à 230-240W, un peu au dessus de ce que j’avais prévu mais les jambes sont bonnes et je préfère monter avec le groupe. On arrive au sommet de l’Izoard encore très frais. Flo et Carlo nous attendent et nous offrent à boire et à manger, quel service de luxe ! On se change rapidement, j’enfourne un sandwich jambon/fromage, mets mon fidèle coupe-vent orange et mes gants mi-saison et on est partis pour cette première descente dans le noir ! Pour le coup on mets tous nos phares au max (sauf Phil qui décide de se mettre une ambiance stroboscope pour rendre le truc un peu plus difficile) et on voit très bien la route ! On a chacun une lampe sur le cintre assez puissante pour éclairer loin et une lampe sur le casque moyennement puissante pour éclairer ce qu’on regarde dans les virages. Franchement c’est mieux que ce que je pensais et on descends comme de jour. Le fait que la descente soit peu technique et que la route soit en bon état aide grandement. On arrive donc au bas de l’Izoard et au pied du col Agnel en moins de 2. Petit stop à la voiture pour enlever les couches (enfin sauf pour moi, coupable d’une « attaque » alors qu’en fait je voulais juste pas m’arrêter et donner mon coupe-vent à la voiture en roulant, chose fait 2 kilomètres plus loin). On s’attaque donc à notre 2ème majeur ; le col Agnel et ses 21km à 7% de moyenne et surtout son sommet à 2744m ! Toujours de nuit, toujours aucune vue sur rien, toujours en mode tunnel mais j’adore ca ! Les premiers kilomètres se font à nouveau assez facilement mais après un replat vers le milieu du col les choses sérieuses commencent. En effet les 6 derniers kilomètres du col se font tous à plus de 8%, en plus l’altitude et le manque d’oxygène ne vont pas aider. Des (petits) écarts se créent, je laisse partir le groupe pour ne pas monter trop haut dans les Watts (j’ai fixé 250W comme ma limite) mais les jambes sont encore bonnes et ca avance bien. Pas de signes de souffrir de l’altitude, toujours pas de signe de lassitude du au manque de sommeil, tout baigne encore. A l’approche du sommet je reviens sur Louis, Simon et Mathieu (première fois que je force un peu depuis le départ). Philippe lui est parti chercher les points de la montagne, finement joué. On arrive donc encore plus ou moins tous ensemble au sommet, même service grandiose que sur l’izoard, « de l’eau ?», « Thé, café, chocolat chaud, éclair, couques ? » je rigole pour cette dernière partie mais franchement c’est tout comme ! On est à nouveau bien vite rhabillés (il fait bien froid à 2744m !), re-tartine pour moi (je suis pour l’instant ma stratégie de 1 barre + 1 gel toutes les heures et une tartine au sommet des cols sans soucis), et c’est parti pour une descente de 22km ! A nouveau les phares aident bien et sont au top (d’ailleurs merci Sergio Strollo pour cette frontale !). Dans les premiers lacets un écart se forme mais on se retrouve bien vite tous ensemble en bas. Dommage que ce soit la nuit, la vue devait être spectaculaire…
Jeudi 26 Aout, 5h du matin, pied du col de Sampeyre
On arrive donc au pied de notre premier col Italien. Premier col d’un tryptique transalpin qui promets des pentes sévères (rarement en dessous de 8%) et pendant longtemps. Sampeyre en l’occurrence c’est 15km à 8.5% de moyenne. Ca va piquer. On apprends que Sim a bien mal au ventre, ca passe pas depuis le départ mais il va continuer à batailler, un sacré castar ! La route est étroite et la pente se fait tout de suite sentir. Assez vite je laisse partir le groupe pour prendre mon rythme. J’ai mis mes écouteurs et mon ipod me livre une bonne dose de groove, je kiffe tellement d’être là ! Je ferai un peu le yoyo avec les 4 machines devant mais après quelques kilomètres je ne les vois plus en sortie de virage. Pas grave j’ai ma musique et les watts sont corrects. Ce col est décidément bien difficile, il n’y a aucun moment où la pente se radoucit un peu. Flo et Carlo nous attendent tous les 3-4 kilomètres pour nous encourager et nous proposer de l’eau ou à manger. A 5km du sommet je reviens sur Mathieu et on fera quasi toute la fin du col ensemble. Mais qu’est-ce que c’est long ! Sans les petites stèles indiquant notre avancement dans le col je n’ai aucune idée de ce qu’il nous reste à gravir. Doucement mais surement on se rapproche du sommet et presque pile sur le dessus une vielle connaissance fait son apparition : le soleil. Il baigne la vallée en dessous de nous de toute sa lumière et la vue est splendide, irréelle. Dans le dernier kilomètre j’apercois Simon Philippe et Louis, ils ne sont pas si loin au final. On arrive donc tous en haut avec un spectacle magnifique de… tout un banquet disposé par notre team de choc Flo et Carlo. Chacun pique dans ce qu’il avait prévu, pour ma part ce sera une portion de pates au pesto qui passe nickel 😊 On peut aussi se débarrasser de nos lampes (et les mettre à charger dans la voiture en prévision de la deuxième nuit), ca fait du poids en moins. La descente de Sampeyre est un peu plus compliquée que les deux premiers, la route est en moyen état, il commence à y avoir de la circulation, quelques virages en aveugle mais on arrive tous surement en bas (enfin sauf pour le porte gourde de Mathieu). Après 5-6km de vallée on arrive au pied de la Fauniera, véritable épouvantail de ce défi. On mets à nouveau nos affaires chaudes dans la voiture et c’est parti pour… non petit demi-tour après 1km pour retourner chercher mon ipod dans la voiture. Cette fois-ci c’est bien parti pour cette Fauniera, 24.5km à 8.5% avec des passages à plus de 20%. La route est interdite aux voitures sur une partie donc notre team de luxe ne peut nous suivre et nous retrouvera de l’autre côté (à Demonte rassurez-vous). Ayant été cherché mon ipod je commence ce col solo. Les premiers kilomètres sont assez faciles… pas cool, si on est déjà dans les 24km à 8.5% et que les premiers km sont faciles ca n’augure rien de bon pour les prochains kilomètres…. En effet assez vite la pente devient redoutable. La route est vraiment un petit bout de chemin en très moyen état. La pente alterne entre un correct 8% et un insoutenable 12% avec des passages où rester sur le vélo relève du numéro d’équilibriste. Sur le côté de la route je vois des stèles indiquant le kilomètrage jusqu’à un sommet secondaire et des pourcentages… qui n’ont aucun sens (tantôt il indique 12% de moyenne, tantôt 6% de moyenne alors que la pente n’a pas changé entre les deux..). A nouveau l’avance est pénible mais mon ipod m’aide bien. Les jambes commencent à être lourdes (si ce n’est juste la pente avec laquelle je ne suis pas à l’aise, donnez moi un faux-plat montant et du vent de face et je suis certain que la machine serait relancée !). Lentement mais surement j’avance et au loin j’apercois un point jaune. Je reviens sur lui quelques minutes plus tard et me rends compte que c’est Mathieu. Il a des soucis avec ses tendinites aux genoux… sur un tel terrain ca ne pardonne pas.. Il me dis déjà que ca va être compliqué de terminer ce truc de fou. Je lui dis qu’on verra à Demonte, mais déjà arriver là avec des genoux qui doivent être très très douloureux relève de l’exploit ! On fait à nouveau la fin du col secondaire ensemble et on se retrouve pour tourner à droite vers le véritable col de Fauniera (ou de son petit surnom sympa, le col « de la mort »). Les 2 derniers kilomètres sont extrêmement longs, le sommet parait tellement loin tout là-bas sur la gauche ! Éventuellement on arrive au sommet à deux, photo obligatoire devant la stèle du pirate Marco Pantani et on attaque directement la descente. Math est bon descendeur et donc je reste derrière lui pour profiter des trajectoires. La route a été refaite dans la descente, c’est super agréable ! On croise quelques voitures qui remontent et quelques cyclistes mais pas beaucoup, on fonce ! Il y a quelques virages techniques, un vrai plaisir cette descente ! Après une petite trentaine de km de descente on arrive à Demonte où on retrouve toute la smala, enrichie de So ainsi que Guy. « Ca fait longtemps que vous êtes là les mecs ? », « Non non, 5-10’ », parfait ! Pour la première fois depuis le départ on regarde si on est dans les temps de passage, résultat on a 30’ d’avance sur l’horaire 24h ! Génial ! On a le temps de se poser vraiment, manger, boire, se changer… On a passé la moitié ! Malheureusement pendant la pause Mathieu nous dit que l’aventure s’arrête ici pour lui. C’est vraiment dommage mais quelle force d’être déjà arrivé jusqu’ici et encore plus fort c’est de savoir dire stop quand il faut (il y en a des moins malins qui auraient continué au risque de vraiment s’abimer la santé…), chapeau mec et ca n’est que partie remise !
13h, pied du col de la Lombarde (la reine…)
Après une dizaine de kilomètres de vallée on arrive au pied du col de la Lombarde. Sur le papier il est sensé être les plus facile du tryptique italien avec ses 21km à un peu plus de 7%... Sur le papier… En réalité on est au milieu de la journée et le soleil cogne fort (plus fort qu’Andrei Grivko, Carlos Barredo et Rui Costa combinés). En plus, la pente est au-dessus des 7% prévus. La faute à un replat sur le milieu du col. Je commence le pied avec Simon (qui a toujours l’air assez frais) mais assez vite je dois le laisser partir. S’en suit un long chemin de croix dans cette fournaise et ce col interminable. 21km c’est long à du 8km/h… Plus loin je retrouve Louis qui souffre aussi fort de la chaleur. On continue ensemble. Nos deux voitures suiveuses nous attendent régulièrement pour nous asperger d’eau et nous donner à boire, on en a bien besoin. On arrive enfin au replat, à peine le temps de relâcher un peu les jambes que c’est reparti pour la fin du col. Louis commence un peu à flancher mais ca n’est pas le moment de prendre des décisions, on verra au sommet du col. A un moment je vois un flash d’orange au loin, de plus près je reconnais le Pinnarello F12, puis le logo INEOS, le style atypique et enfin je reconnais ni plus ni moins que le vainqueur du tour de France 2019 : Egan Bernal ! On se regarde avec Louis pour bien confirmer ce qu’on vient de voir, incroyable ! Un peu plus loin c’est Richard Carapaz qu’on voit, le vainqueur du Giro 2019 ! Décidément, notre aventure a atteins les hautes sphères du vélo, trop sympa qu’ils soient venus juste pour nous faire un petit coucou (on se console comme on peut… 😛). Après ce qui me semble être une éternité, j’apercois le sommet, enfin ! Louis resté un peu plus longtemps à une pause à l’ombre, j’attaque l’ultime section seul, je veux en finir de ce col !
15h45, sommet du col de la Lombarde
Après plus de 2 heures et demi d’ascension me voilà donc au sommet, enfin. Louis me rejoins quelques minutes plus tard et on prend notre photo (notez les sourires de top modèles). Après un petit sandwich et une petite pause pour reprendre nos esprits on se mets en route pour la descente. Louis avait dit vouloir s’arrêter dans la montée mais on a décidé de continuer, de faire la descente et d’aviser en bas. Cette même descente est très rapide, la route est large et en bon état, ca fonce ! Oh qu’est-ce que c’est agréable de passer de 8km/h à 60 km/h ! On arrive dans la vallée et là super bonne nouvelle on dirait qu’on a le vent dans le dos. On se mets d’accord avec Flo et Carlo de s’arrêter dès qu’on trouve un coin d’ombre (So et Guy ont suivi Simon et Phil qui ont passé cette Lombarde comme un pont d’autoroute et qui ont maintenant 30-40’ d’avance sur nous, des machines je vous dit…). On s’arrête donc une petite dizaine de km plus loin pour une bonne pause. De quoi faire descendre la température corporelle et bien boire. Exit les sandwichs et pâtes pour moi, ya plus que le coca et les gels qui passent, pas grave j’adore ca. On s’allonge donc et après 20’ d’une espèce de sieste, on se lève et on se remets en route. Louis qui avait l’air vraiment mal en point a un peu repris du poil de la bête, plus question de s’arrêter on arrivera au bout coute que coute ! On est vite au pied de la Bonette, point culminant de notre aventure à 2802m. Pour y arriver il faudra se farcir ses 25km à 6.5% de moyenne. Heureusement toute la première partie est à l’ombre et on retrouve un semblant de rythme. Après 5km de col on retrouve la voiture et on passe un deal : un arrêt de 5 minutes tous les 5 kilomètres. De quoi scinder ce col énorme en parties abordables. Nous voilà donc lancés, dikke loulou et moi dans 5 mini ascensions de 5km. On décompte chaque kilomètre mais l’ombre + les pourcentages plus abordables font qu’on avance beaucoup moins péniblement. Ca fait quelques kilomètres que je redoute un coup de barre lié au manque de sommeil, notamment ce que Edouard avait enduré durant son aventure des 7 majeurs (bouclée en 22h29 s’il vous plait !), mais heureusement je n’ai jamais rien eu de tel. Petit à petit donc deux hommes vétus de bleus grimpent plus haut sur cette montagne où la végétation a depuis longtemps fait place à un décors lunaire. La vue est à couper le souffle, on voit très loin et la lumière du soleil déclinant ne fait qu’embellir ces paysages magnifiques. A un moment on regarde à gauche et on voit ce que doit être la cime de la Bonette, qu’est-ce qu’elle parait loin ! Surtout que pour y arriver il faut se farcir une dernière rampe de 700m à 15%.
21h, Sommet de la Bonette
On y est ! Tout en haut on voit absolument tout. Je suis extenué mais qu’est-ce que je suis content d’être là ! Je comprends pourquoi les organisateurs des 7 majeurs parlent de la Bonette comme du joyau de l’aventure, c’est absolument sublime. A nouveau notre escorte royale nous attends au sommet avec de quoi se changer, boire et manger. On se pose un petit peu au sommet, sans doute un peu trop car il fait très froid là-haut, et si on veut profiter du soleil pour la descente il faut se mettre en route. C’est reparti, on remets les phares, la veste coupe-vent et les gants et on se lance avec le coucher de soleil. La descente est magnifique, les routes sont très bonnes, les virages élégants et le tout coiffé du coucher de soleil. On descends à notre aise et arrivons à Jausiers, pied de l’ultime col. Il fait maintenant nuit noire. Au pied du col de Vars, Louis nous fait un petit vomi des familles qui semble lui redonner de l’énergie plus qu’autre chose… On attaque donc ce dernier col en sachant que derrière, c’est l’arrivée. Vars sur le papier c’est 15km à 6% mais en réalité ces chiffres sont très trompeurs car en réalité les 5 derniers kilomètres sont à 10% de moyenne… On pars quand même en connaissance de cause et on retrouve Florence à 10km du sommet, elle fera cette ultime ascension avec nous ! A nouveau on passe un pacte avec Carlo ; pause de 5’ à 6 et 3km du sommet. Le duo est devenu trinôme et on avance dans la nuit, sans voir (tant mieux) le mur qui nous attends. Alors déjà que quand je suis frais et au top de ma forme j’aime pas du tout, mais alors là du tout du tout les pentes à 10%, imaginez vous ce que j’ai du dégusté…. 😉 A coup de 50 tours par minute j’avais plus l’impression d’écraser la montagne plutôt que de la grimper. Heureusement toutes les bonnes choses ont une fin et on se retrouve au sommet de Vars avec Louis, Florence et Carlo, on l’a fait ! Vite vite on prends la photo, on mets nos couches, je prends un ultime gel et on se lance dans ces derniers kilomètres de descente. C’est Louis qui ouvre la route, suivi par Florence qui n’arrête pas de lui dire « plus vite ! plus vite ! » j’en connais quelques-uns avec un pedigree remarquable au club qui seraient moins à l’aise sur un vélo que Flo… Les derniers kilomètres sont interminables, les lumières de la station de Risoul n’ont pas l’air de se rapprocher. Un ultime faux-plat montant me fera croire que cette histoire ne se terminera jamais mais après 30 minutes de descente je vois enfin le panneau « Mont-Dauphin », on y est presque ! Quelques virages à négocier, un rond-point à droite et nous voilà sur la même départementale qu’au début de cette aventure ! 2 kilomètres plus loin et c’est la gare de Mont-Dauphin, là où tout a commencé. On y est, on a terminé, on l’a fait !
Jeudi 26 aout, 23h, Gare de Mont-Dauphin
Quelle histoire, quelle affaire, quelle dinguerie mais on l’a fait ! On arrête le chrono à 24 heures et 56 minutes d’efforts. On loupe le statut de grand maitre pour 56 petites minutes mais R.A.F ! On y est arrivés, ensemble et c’est tout ce qui compte. On apprends en attendant que Sim et Phil l’ont terminé en 22 heures et 11 minutes,… je vous ai déjà dit que c’était des machines ? En écrivant ce texte j’ai pu revivre cette aventure qui restera à jamais gravée en moi. Et je ne sais vraiment pas comment remercier notre super assistance de luxe sans qui rien n’aurait été possible ! Merci infiniment à Sophie et Guy et tout particulièrement à Florence et Carlo ! Ils nous ont suivi du début à la fin et nous ont véritablement portés jusqu’à cette arrivée.