PASCAL Antoine

Grade : Grand Maître
Année : Chapitre 5 - 2020
Option : Avec assistance
Localité de départ : Jausier
Date et heure de départ : 26.06.2020 - 21:25
Date et heure d'arrivée : 27.06.2020 - 19:50
Photos et heures de passage
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Date et heure de passage : 26.06.2020 - 22:50
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Date et heure de passage : 27.06.2020 - 02:55
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Date et heure de passage : 27.06.2020 - 05:50
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Date et heure de passage : 27.06.2020 - 08:25
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Date et heure de passage : 27.06.2020 - 11:30
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Date et heure de passage : 27.06.2020 - 15:15
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Date et heure de passage : 27.06.2020 - 19:05
Impressions
Impressions : Départ de Forcalquier 18h30,
18h45 Piqure de Manu par une abeille qui passe par la fenêtre du véhicule.
Détour par la pharmacie d’Oraison
Nous arrivons à Jausier vers 20h55.
Préparation et départ officiel à 21h25
La température est bonne, le ciel est dégagé, les conditions sont réunies pour passer une bonne nuit
Montée de Vars tranquillement la nuit tombante. De quoi discuter entre frères, de se remémorer de bons moments et de se dire « on n’est pas bien là, paisible, … », loin de tout sous les étoiles ? Nous arrivons au sommet à ….. Descente de Vars vers Guillestre. Quel panard, en pleine nuit, sans les voitures, attention toutefois aux chiens ou aux autres animaux. Ensuite nous prenons la direction de Briancon.
00h30 / 1h00 (voir heure sur GPS) Route barrée au niveau du Villaret, nous testons de reprendre à droite avec une petite côte mais la route est toujours fermée dans le village, retour sur la nationale jusque Briançon pour attaquer l’Izoard. Au pied de l’Izoard, une première « attaque de Pierre Roland », ou pas …
2h55 passage au col de l’Izoard après une ascension tranquille. Qui peut se vanter d’être monté à l’Izoard sans être dérangé par un véhicule ? La température fraiche de 2 degrés + vent. Nous avons mis les couvres chaussures et les vestes thermiques pour descendre. La casse déserte en pleine nuit reste une attraction sous la nuit claire. Et toujours, attention au chien près de Brunissard.
Début de l’ascension de l’Agnel difficile pour Manu qui ne semble pas très en forme. Dans la montée du col, nous sommes encouragés par les marmottes, les chants sont magnifiques et le jour commence à se lever, l’aurore est belle sur les pentes de l’Agnel. Au passage du refuge à 2 kilomètres du sommet, nous retrouvons l’équipe d’assistance (Clémence chérie, et Papa). Les premiers encouragements font plaisir.
5h45, arrivée en haut du col de l’agnel, accueilli et encouragé par un Bouquetin à 100 mètres du sommet. Malheureusement , abandon pour Manu qui se sent trop fatiguer pour continuer. Ce sera pour une autres fois
L’Italie est dégagée, nous descendons en direction de Sampeyre sur les routes à nids de poules de l’Agnel. Arrêt de 7/8 minutes à 12 km de Sampeyre pour se restaurer . Petit déjeuner, Muesli, Pain d’épice de ma chérie, Lait d’amande et banane pour se donner du courage.
6h50, c’est parti pour le col de Sampeyre, 9% sur 17 km environ, la montée est régulière, c’est ce que j’aime l’allure est bonne, le bitume pas encore trop abimé. Après 1h25 d’ascension et 3 minutes de pause au sommet pour la photo, nous descendant rapidement vers Stroppo pour enchainer Fauniera…
Malheureusement, erreur de parcours dans la descente, mauvaise signalisation et nous nous retrouvons sous Elva, obligé de remonter sur le parcours et de refaire 300 mètres de D+. Heureusement, avec un peu d’accroche à la voiture, je ne me fatigue pas trop les jambes pour retrouver la route des 7 majeurs.
10h00 environ , c’est parti pour l’ascension de Fauniera dans des paysages magnifiques. Des fleurs sauvages, des cascades, des routes à 20%, le vélo n’a pas callé mais la voiture suiveuse un petit peu . Les routes sont pires que les chemins de vignes selon la pilote Clémence (la chérie qui a été parfaite toute la journée). Des rododindrons, presque une forêt tropicale selon elle , des herbes, des fleurs sauvages, « genre nous aurions vu un Gorille et Tarzan traverser sa liane, ça ne m’aurait pas perturbé ». Le paysage est magnifique à l’approche du sommet, un plaisir de retrouver quelques cyclistes … ou pas . Après avoir rattrapé deux italiens , ils m’ont sucé la roue jusqu’au col d’’Echile, pour disputé un sprint à 50 m du sommet. Un sprint entre Italiens évidemment, je ne vais pas user du jus pour ça, pour ma part je tourne tout de suite à droite, il me reste encore 2 km avant le sommet à Fauniera. Un sommet magnifique, beaucoup de cycliste et une descente plus complexe pour les voitures que pour les vélos. Je m’arrête à l’intersection avec une des routes obligatoires pour les voitures, afin d’attendre 5 minutes l’équipe d’assistance, afin de ne pas arriver à Demonte.
En effet, 12h30, Demonte, l’heure du Riz au lait de ma chérie pour moi, avec un petit bout de pain d’épices évidemment, et l’heure de la pause déjeuner pour l’équipe de choc, ils iront pique-niquer au pied de la Lombarde avant de me rattraper dans celle-ci.

13h00, début de l’ascension de la Lombarde, les premiers lacets me plaisent bien, les jambes sont toujours là le mental est au beau fixe, à tel point que j’imagine déjà les cimes de La Bonette ! Mais kilomètre 4 la pluie fait son apparition. Tout juste le temps de s’équiper des sur-chaussure et du coupe-vent, puis nous prenons la pluie et l’orage pendant 30 minutes. Les éclairs disparaissent, une éclairci passe, de quoi sécher un peu. Ou plutôt de quoi attraper froid à 1800 m d’altitude. Je ne suis pas à ça prêt, avec le frangin qui passe la tête par la fenêtre pour me crier « allez Thibaut, allez petit , tu peux le faire … » en version Marc Madiot, tu ne peux que avoir le sourire.
Les jambes sont toujours de la partie, mais à 8 km du sommet la pluie revient et l’orage avec. Sur le bord de la route et le faussée le reste des grêlons de la précédente averse. Manque de chance à 6km du sommet, c’est maintenant de la grêle qui tombe. Au début fine, ça s’intensifie par la suite jusqu’à me contraindre à rentrer dans la voiture à 2 km du sommet. Les grêlons sont tellement gros que nous avons peur de voir se casser le pare-brise de la voiture. Au bout de 20 minutes dans la voiture en se réchauffant difficilement (bien que serré comme des sardines, avec le père à cheval sur la glacière et la douche solaire), Le moral n'est plus au bout fixe ...
La décision est difficile à prendre…. Abandon, ou tentative de continuer pour finir par la Bonette malgré les orages et la pluie. Avec les jambes tremblantes de froid, et maintenant la tenue d’hiver sur le corps (bonnet, couvre chaussure, veste thermiques, buff, gants d’hiver …) la descente vers Isola se fait doucement et nous entamons le faux plat vers la Bonette avec des intermittences de pluie et d’accalmies. Au pied de la Bonette, l’inquiétude est très présente, le problème n’est pas de savoir si je peux finir physiquement, mais si le temps va me permettre de finir. Les orages ne sont pas loin, mais ils ne sont pas sur nous. Nous attaquons la Bonette entre deux coulées de boues en cours de dégagement par les localités. Le début de la montée se fait sans pluie. Et tout d’un coup, alors qu’il reste 20 km avant le sommet, je me fais rejoindre par Sebastien … qui est lui sur le départ des 7 majeurs. Accompagné par deux copains pour La Bonette, nous prenons le temps de discuter des conditions Italiennes de passage des voitures. Les deux trois minutes d’encouragement me font du bien au moral. Je lui souhaite bon courage avant de le voir s’éloigner au rythme de la fraicheur de ses jambes . Je repense à l’ascension du col de Vars et me dit qu’il lui faudra du courage pour finir, mais la motivation semble être complète chez lui.
A 10 kilomètres du sommet, nous retrouvons la pluie mais sans orage. Je suis sec mais les jambes tournent, en revanche la fatigue se fait sentir. Je n’ai pas réellement dormi depuis 36 heures (outre un repos de 3 heures avant de partir de Forcalquier),et dans la tête je passe par toutes les émotions.
C’est long, mais ce n’est pas les pentes les plus raides, l’ascension se passe. A ce moment (mais ça je ne m’en rend pas compte sur le vélo), la fatigue psychologique se fait ressentir pour les accompagnateurs qui commencent à prendre d’étranges vidéos à base de bananes , lunette, petit canard et blagues douteuses… A 4 km du sommet, le vent se met à souffler fort, quelques éclaires dans le ciel, mais quoi qu’il arrive ça ne doit plus m’arrêter. Papa se demande encore comment il a pu mettre au monde des gamins comme ça avec ses piètres performances physiques. Le dernier kilomètre jusqu’à la cime de La Bonette se fait debout sur les pédales. Je retrouve l’équipe de choc qui m’a suivi toute la journée. Ma chérie qui a été parfaite et qui me saute dans les bras, mon papa très ému et toujours embêté par la douche solaire du frangin qui prend de la place à ses pieds, mon frangin toujours en chaussette, mais qui remet les chaussures pour faire une photo avec moi à la Cime.
Changement de vélo à la Cime pour descendre sur celui du frangin. En effet, depuis le début ma roue avant est légèrement voilée. Mais dans la descente d’Isola le voile s’est accentué à tel point quel freinage me faisait vasciller. Pas de prise de risque, le Cannondale Six de 2010 sera sur la voiture, et le Lapierre Xelius de 2018 entre mes jambes. A ce moment, tu peux confirmer aux copains que le cadre 54 est trop grand pour moi, et que le 52 me va très bien !
La descente vers Jausier se fait dans le froid et sur des routes pleines d’eau malgré le retour du soleil. Des douleurs dans les mains à force de freiner dans les descentes. Il est 19h55 et nous arrivons à Jausier. Le hasard fait que la musique qui passe à la radio est celle sur laquelle nous avons bien rigoler avec les copains pendant le confinement. De quoi avoir une pensée pour tout les gens qui m’encouragent quotidiennement pendant cette journée.
Heureux d’en terminer et après le rangement de la voiture et un petit rinçage du corps, nous prenons la direction de la pizzeria du village pour fêter cette aventure extraordinaire autour d’une bonne bière et d’une bonne pizza.